dimanche 22 février 2026

Les finances de la commune : Un peu de rigueur s’il vous plait ! (2/2)

Un seul article était trop court pour résumer la situation financère de la commune. Voici donc la suite de l'article précédent

L’auto-financement


La bonne tenue des charges de fonctionnement que nous avons analysé dans l'article précédent permet aussi de maintenir un auto-financement conséquent.
Mais le calcul de la CAF (la Capacité d’Auto-Financement) est un calcul très technique demandant des connaissances comptables complexes (comptes inclus, comptes exclus, retraitement des données…) et ce d’autant plus qu’elle s’exprime sous 2 formes selon que l’on prend en compte ou pas le remboursement en capital des emprunts en cours.
Pour ne pas me tromper, je préfère utiliser les valeurs calculées par l’Etat via le site des impôts Lien vers le site
Il présente tous les comptes des villes de France ce qui est très pratique pour réaliser des analyses fiables. On peut ainsi voir la variation de la CAF de la commune d’Ecommoy dans le temps :
La comparaison avec les communes de la strate en € par habitant met en évidence la qualité de la gestion de cet autofinancement par la commune :

La CAF (brute ou nette) d’Ecommoy est globalement meilleure que celle de la strate


Impacts de la ludo-médiathèque sur l’auto-financement


Lors du conseil municipal du 18/02/2026, l’opposition a alerté la commune sur l’impact de la ludo-médiathèque sur notre CAF qui tomberait, selon elle à hauteur de 450 000 €.

L’opposition prétend anticiper la CAF de la commune… mais avec quelle méthode de calcul ?


Même si j’ai indiqué plus haut que le calcul de la CAF est une affaire de spécialistes essayons quand même l’exercice : Le PCSES (Projet Culturel Scientifique Economique et Social) indique clairement les coûts de fonctionnement (page 44 du document Lien vers le PCSES )
Le coût de fonctionnement est estimé à environ 292 000 € au lieu de 112 000 € (avec la bibliothèque et la Micro-Folie actuelle) soit un surcoût de 180 000 €.
Les intérêts des emprunts : si l’on reprend le simulateur que j’ai mis en place qui permet depuis plusieurs années de projeter les emprunts nécessaires à partir d’hypothèses pessimistes, l’estimation est de +30 k€ d’intérêts au maximum.

Sans tenir compte des recettes nouvelles que génèrera la ludo-médiathèque ni celles des locaux laissés vacants par la bibliothèque, l’impact est au maximum autour des 210 000 €


L’endettement de la commune


Comme affiché dans le ROB, l’endettement de la commune est celui-ci :

Il faut gérer à part le prêt n°121 car il n’a pas été contracté pour les mêmes raisons que les autres.
En effet, ce prêt d’une durée d’un peu plus d’1 an (remboursement en 1 fois en févier 2027) sert de relai entre 
  • Les dépenses liées à la rénovation des écoles qui ont eu lieu en 2025 pour leur très grande majorité
  • Les recettes (subventions des co-financeurs et récupération de la TVA) que nous recevrons cette année
Et si comptablement tout est pris en compte sur l’année 2025, par contre, en trésorerie il y a un décalage. (voir article n°2 pour plus de détail)

Cet emprunt était le moyen le plus simple, le plus sécurisé pour le fonctionnement de gérer ce décalage temporel.

Car si nous n’avions pas eu recours à ce dernier, il aurait fallu vider en totalité l’excédent de fonctionnement et en cas de grosse dépense imprévue en fonctionnement, la mairie n’aurait pas eu la capacité de pouvoir réagir.
De plus, les crédits nécessaires au remboursement de cet emprunt ont été sécurisés dans le budget 2026 pour prévoir son remboursement, je le considère donc avec un peu d’anticipation comme soldé.  

Les perspectives d’évolution de la dette


Le recours à l’emprunt pour une commune est une démarche saine et liée à plusieurs considérations :
  • L'équité entre les générations (Le principe du "usager-payeur") : Quand la commune construit une école ou un gymnase qui va durer 40 ans :
    • Il serait injuste de faire supporter la totalité du coût aux contribuables actuels via une hausse des impôts.
    • L'emprunt permet de lisser la charge sur une longue durée. Ainsi, les nouveaux arrivants et les futurs habitants, qui utiliseront l'équipement demain, participeront aussi à son financement à travers les annuités futures.
  • La préservation de l'autofinancement (CAF)
    • Si la commune vide trop ses réserves, elle n'a plus aucune marge de manœuvre pour les imprévus.
    • L'emprunt permet de garder de l'épargne disponible pour l'entretien courant et les projets moins importants, tout en réalisant de grands projets.
  • Cela permet d’anticiper en douceur l’arrivée de nouvelles richesses
    • Gros projets d’entreprises en cours, Ecommoy est une ville réellement dynamique
    • Dépassement des 5000 habitants et augmentation des recettes de DMTO

L’emprunt n’est pas un tabou mais un outil qui doit être utilisé intelligemment au service de la politique de la ville

En effet, mal géré, l’emprunt devient toxique et c’est le surendettement.
Revenons sur l’analogie avec un particulier : Quand on va voir un banquier pour souscrire un prêt, la première information qu’il vous demande ce sont vos charges de remboursement et pas le montant de votre capital restant dû.
Car c’est l’élément le plus important et je vous renvoie vers l’article que j’ai publié dans l’Ecomm’Info de cet hiver : Lien vers l'Ecomm'Info

Pour ce qui est de 2026, tant que les comptes ne seront pas officiellement arrêtés par le Trésor Public, il n’est pas possible d’affecter l’excédent de fonctionnement. Donc pour l’instant, nous prévoyons un emprunt de 2 M€.

Cet emprunt ne sera pas réalisé, l’excédent de fonctionnement une fois affecté nous permettra de ne pas y avoir recours.

Conclusion



Les finances constituent un sujet complexe qui ne peuvent pas facilement se résumer par une phrase choc. Tout raisonnement simplifié ne représente qu’une vue partiale et biaisée.

Vouloir résumer les finances au montant dans les caisses est au mieux de la propagande, au pire de l’incompétence

Vincent GIRAUD (conseiller délégué aux finances de l'équipe sortante)

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